On ne peut pas bâtir une résilience économique en exportant le potentiel
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Le Canada est l'un des plus grands pays agricoles au monde. Nous possédons d'immenses terres, un secteur agricole sophistiqué, des instituts de recherche de calibre mondial, une main-d'œuvre qualifiée et une réputation internationale de fournisseur fiable produisant des récoltes de haute qualité et de façon durable.
Ce sont là des avantages concurrentiels extraordinaires. Pourtant, nous nous sommes trop longtemps contentés de n'en exploiter qu'une partie.
La semaine prochaine, le premier ministre Mark Carney réunira à Toronto des investisseurs internationaux, des PDG canadiens et des dirigeants du secteur public à l'occasion du Sommet sur l'investissement au Canada. L'ambition est grande : attirer des capitaux à long terme, faire progresser les grands projets et positionner le Canada comme l'une des destinations d'investissement les plus attrayantes au monde.
L’agriculture à valeur ajoutée et la transformation alimentaire doivent figurer parmi les priorités. Elles se situent au carrefour de nombreux enjeux que le Canada s’efforce de résoudre simultanément : productivité, attractivité des investissements, production manufacturière nationale, diversification des échanges commerciaux, sécurité alimentaire, innovation et résilience économique. Il s’agit d’agriculture, mais aussi de fabrication de pointe, de biotechnologie, d’intelligence artificielle, d’ingénierie et de propriété intellectuelle.
Et cela permet de transformer quelque chose que le Canada fait déjà exceptionnellement bien en produits dont le monde a de plus en plus besoin.
Nos travaux dans l'ensemble du secteur indiquent que l'expansion de la fabrication d'ingrédients, de la transformation alimentaire et de la production de bioproduits pourrait générer jusqu'à 25 milliards de dollars d'activité économique annuelle supplémentaire au Canada et soutenir environ 17 000 emplois. Voilà l'ampleur des possibilités si nous transformons davantage nos récoltes en produits à plus forte valeur ajoutée ici même.
C’est aussi le genre d’occasion qui peut rassembler les régions du pays. Investir dans les cultures et les atouts agricoles des Prairies n’est pas seulement une opportunité pour l’Ouest canadien; c’est une occasion pour les capitaux, les technologies, le secteur manufacturier et l’expertise de partout au Canada de contribuer à bâtir quelque chose d’importance nationale.
De mon point de vue, en collaborant avec des entreprises qui commercialisent l'innovation canadienne et créent de nouveaux marchés, la question n'est plus de savoir si le Canada peut innover. Nous le pouvons. Je le constate chaque jour. La question est plutôt de savoir si nous pouvons mobiliser les capitaux nécessaires pour transformer cette innovation en capacité industrielle.
L'innovation a progressé. Maintenant, l'investissement doit suivre.
Notre différend commercial actuel avec les États-Unis a mis en lumière une réalité incontestable : les relations que l’on croyait acquises peuvent évoluer rapidement. Partout dans le monde, les gouvernements réfléchissent davantage à leur production nationale, à leurs sources d’approvisionnement en biens essentiels et aux pays sur lesquels ils peuvent compter. Les investisseurs, eux aussi, portent un regard différent sur la résilience, les chaînes d’approvisionnement et la sécurité économique à long terme.
Pour le Canada, cette incertitude représente de véritables défis. Mais elle offre aussi l'une des plus importantes occasions économiques de ces dernières décennies. Le Canada possède ce que le monde désire, mais notre prochain chapitre économique ne peut se limiter à ce que nous avons. Il doit porter sur ce que nous en faisons.
Nous cultivons certains des meilleurs pois, lentilles, canola, blé et avoine au monde, puis exportons une grande partie de cette production sous forme de matières premières. D'autres pays transforment nos récoltes en ingrédients à plus forte valeur ajoutée, en aliments, en aliments pour animaux et en bioproduits, s'accaparant ainsi les investissements industriels, la propriété intellectuelle, les emplois et l'activité économique qui en découlent.
Le monde d'aujourd'hui exige de nous plus d'ambition. La question n'est pas de savoir si nous devons continuer à exporter des produits agricoles – bien sûr que oui. La question est de savoir comment tirer parti de cette force en transformant également une plus grande partie de notre production locale.
Depuis des années, le Canada publie des rapports décrivant son potentiel. Nous avons commandé des études sur les défis en matière de productivité, analysé les obstacles à l’investissement et souligné l’importance de diversifier le commerce. Ce travail est important, mais la stratégie doit finalement se concrétiser.
Les décisions d’investissement se prennent dès maintenant. Les installations de traitement vont être construites dès maintenant. Les entreprises décident où elles commercialiseront leurs technologies, implanteront leur production et investiront leurs capitaux. Le Canada n’est pas en concurrence avec une idée ; nous sommes en concurrence avec les juridictions qui mettent activement en place des incitatifs, des infrastructures, des capitaux et des environnements réglementaires conçus pour attirer ces investissements.
C’est là que les discussions du Sommet sur l’investissement au Canada prennent toute leur importance. Si le Canada veut attirer des capitaux productifs et commercialiser davantage d’innovations canadiennes au pays, il doit créer les conditions propices pour attirer et soutenir les entreprises qui transformeront notre avantage agricole en capacité industrielle.
Le Canada possède déjà les cultures, les connaissances scientifiques, la main-d'œuvre et l'accès aux marchés. De plus, notre économie mondiale accorde une importance croissante aux partenaires fiables capables de produire des biens essentiels.
L’enjeu n’est pas simplement d’accroître les exportations mondiales de produits canadiens. Il s’agit de faire du Canada un lieu où l’on fabrique davantage de biens dont le monde a besoin.
C'est le moment d'investir pour réussir ici.